La pêche à pieds en Bretagne

Cela fait plusieurs jours que je n’ai pas mis d’article sur le site, pour cause je suis encore partie en vadrouille. Cette fois-ci, direction la Bretagne pour une semaine en famille. Depuis toute petite, mes parents nous emmènent pêcher et je me suis dit que cela pouvait intéresser d’autres personnes, car j’ai toujours trouvé cette activité apaisante.

La pêche à pieds soit on connaît, soit on a aucune idée de ce que c’est. Je pense que cela ce transmet dans les familles, personnellement parmi tous mes amis pas un ne connaît cette pratique. Pas même mes amis bretons ! Pour pouvoir pêcher à pieds, il faut profiter des marées, donc si vous vivez près d’une mer où il n’y a pas de forte marée n’espérez pas pêcher grand chose.

Qu’est ce qu’on pêche ?

Etrilles, dormeurs, coques, crevettes, bigorneaux, parfois des ormeaux mais c’est assez rare et les palourdes ne sont pas nombreuses dans notre coin.

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Les Etrilles

Les étrilles sont sans doute les plus amusantes à pêcher. Ce sont les plus combatives, vous soulevez le rocher ou les algues et soit vous apercevez une ombre qui se carapate à vitesse grand V, soit vous vous retrouvez nez à nez avec un petit machin qui brandit ses deux pinces en mode « vas-y viens viens, je t’attends, je vais te démonter ! ». Il faut appuyer sur le dessus de la carapace et glisser votre pouce et l’index derrière ses pinces pour les bloquer. Ce sont les plus compliquées à attraper mais cela vaut vraiment le coup. Au début vous vous prendrez peut-être un ou deux petits coups de pince. Attention, car même avec des gants elles pincent très fort ! (j’ai déjà saigné) Et elles ne lâchent pas une fois accrochée, à moins de lui arracher la patte vous ne pourrez pas vous en défaire.

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Les Dormeurs ( ou tourteaux)

Ils portent bien leur noms, quand vous soulevez les rochers vous ne les voyez pas au premier coup d’oeil. Il faut scruter le fond car ils s’enterrent dans le sable et… dorment. Vous n’aurez aucun mal à les attraper, même une fois en main il faut vraiment les titiller pour qu’ils daignent bouger. Attention, car ils ont comme même de bonnes pinces donc restez vigilant.

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Les Coques

C’est la pêche que nous pratiquons lorsqu’il n’y a pas assez de marée pour aller à l’autre bout de la plage retourner des cailloux, mais trop de marée pour aller se baigner sans marcher 20 minutes avant de voir la mer. Généralement, on ramasse des coques en attendant que la marée monte, puis on se baigne une fois qu’elle est montée et on part avec nos coques à la maison. Pour les coques c’est basique, grattez le sol avec un râteau. Si au bout de 10 minutes vous n’avez rien trouvé, allez un peu plus loin et recommencez à gratter. Quand vous en voyez une, pas de doute, la famille ne dois pas être loin alors grattez aux alentours. Je vous recommande de prendre un long râteau pas les petit machin pour enfant. Car il faut beaucoup se pencher et vous aurez mal au dos et aux jambes en fin de journée. Pas besoin de creuser une tranchée, creusez sur une quarantaine de centimètre. Une fois rentré à la maison, il faut rincer tout cela et les laissez tremper avec du sel dans de l’eau pendant une à deux bonnes heures pour retirer le sable. C’est parfait pour les enfants qui ne peuvent pas encore soulever de gros cailloux.

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Les crevettes

C’était notre pêche favorite lorsque nous étions enfants, depuis je vous avoue cela fait longtemps que je ne m’intéresse plus aux crevettes. Vous les trouvez dans des petites ou des grandes mares entre les rochers. Vous pouvez les pêcher à l’épuisette ou bien à la main. Au début, il faut attraper le coup de main, mais rien de compliqué. Cela occupe bien les enfants donc je le recommande chaudement aux familles.

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Les Bigorneaux

Rien de compliqué pour les bigorneaux, ils s’accrochent aux rochers parfois en-dessous parfois au-dessus. Quand vous en voyez un vous en trouverez d’autres dans le coin. Pas besoin d’équipement a part un seau pour les stocker.

Respectez la nature

Essayez de relâcher les petits, on ne partage pas souvent tout ce type d’informations et je n’encourage personne de mon entourage à essayer cette activité d’habitude. Pourquoi ? Car après on ne trouve plus rien. A une époque nous ne trouvions ni étrilles, ni ormeaux, les gens pêchaient trop et surtout les petits, résultat pendant 2, 3 ans on ne trouvait plus rien. Ce sont des petits secrets de famille que l’on ne partage qu’en famille. Souvent, les touristes viennent nous demander ce qu’on fait à aller à l’autre bout avec nos paniers et on dit qu’on va pêcher des coques mais qu’on ne trouve pas grand chose. C’est triste de mentir ainsi mais malheureusement c’est nécessaire. Les gens ne respectent rien, j’en voyais ramasser des coques minuscules qu’ils auraient du relâcher, mais non ils voulaient en attraper le plus possible. Donc, je vous en prie ne pêchez que ce dont vous avez besoin (si vous êtes 5, 5 étrilles c’est suffisant) et relâchez tous les petits ne prenez que les gros. Vous trouverez beaucoup d’informations sur les tailles à respecter sur internet ! Le but est de profiter du grand air et de s’amuser en famille pas de remplir au maximum le panier. Laissons à la nature le temps de se reproduire pour tous en profiter.

L’équipement

Il vous faut un panier pour tout ce qui est crabe, un seau pour tout ce qui est bigorneaux ou coques et une bouteille pour tout ce qui est crevette. Il vous faut également des râteaux pour les coques, et des épuisettes pour les crevettes si vous ne savez pas les pêcher à la main. Surtout n’oubliez pas de prendre des gants de jardin pour la pêche au crabe, les cailloux sont souvent râpeux et vous risquez de vous écorcher les mains ! Prévoyez aussi des bottes car on crapahute beaucoup dans l’eau. Habillez-vous avec des vêtements auxquels vous ne tenez pas du tout et habillez vous chaudement car en bord de mer il y a souvent du vent donc une écharpe et un bonnet ce n’est jamais de trop. Prévoyez un imperméable pour s’il pleut. Et surtout, le plus important un téléphone et une montre !

Attention 

Il faut faire très attention à l’heure et toujours surveiller la marée pour ne pas se faire surprendre ! Si vous n’avez pas l’habitude faites très attention ! Informez-vous bien avant de partir que ce soit pour connaître l’heure et le coefficient de la marée, mais aussi les endroits où pêcher et les règles à respecter, ne partez pas les mains dans les poches sans vous inquiéter de rien, cela peut être dangereux ! 

Voilà, je vous laisse faire vos petites recherches sur les coins où aller pêcher à pieds, (je ne vous révèlerais pas mes coins sous peine d’être rayée du carnet de famille). 😉

Amusez-vous bien !

Même si vous ne pêchez rien vous pouvez très bien aller vous amusez à étudier la faune marine sous les rocher.

 

La photo du jour – En Bretagne

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Kermagen

En ce moment je me ressource en Bretagne et je passe tous mes après-midi à la plage de Kermagen. Je vais à cette plage depuis mon enfance chaque été (enfin presque, depuis quelques années je passe mes étés en stage). Je profite au maximum avant de rentrer à Paris. Ici, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, la température de l’eau est certes  plus froide qu’à Cancun. Toutefois, le plus dur c’est juste de rentrer dans l’eau et une dedans c’est tout à fait supportable !

J’aime la Bretagne car ce n’est pas blindé de touristes, les gens sont très amicaux et les paysages sont magnifiques. Si vous devez vous ressourcer quelque part c’est donc l’endroit idéal. Cependant, ne partagez pas ce petit secret à trop de personnes où je ne pourrais plus profiter de mon havre de quiétée en paix. 😉

La photo du jour

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J’ai pris cette photo dans le port de Saint-Malo, le weekend de la Pentecôte 2016. C’est dans cette ville qu’est né le 4 septembre 1768 l’homme politique, académicien et écrivain français : François-René de Chateaubriand. Personnellement je le connais surtout pour son célèbre ouvrage Mémoires d’outre-tombe (1841) qu’on nous encourage vivement (soyons clair on nous oblige 🙂 ) à lire durant notre scolarité. Ci-dessous quelques citations pour vous resituer l’ambiance du texte:

  • On n’est jamais reçu à dire que tout est perdu quand on n’a rien tenté.
    Chateaubriand ; Mémoires d’outre-tombe (1841)
  • On s’irrite moins en raison de l’offense reçue qu’en raison de l’idée que l’on s’est formée de soi.
    Chateaubriand ; Mémoires d’outre-tombe (1841)

Mémoires d’outre-tombe est un chef-d’œuvre d’autobiographie et une mine d’informations pour les historiens. En effet, les premiers livres recréent l’enfance de l’auteur et sa formation dans son milieu social de petite noblesse bretonne à Saint-Malo ou à Combourg. Puis les livres suivants relèvent davantage du tableau historique des périodes dont il a été le témoin de 1789 à 1841.

C’est un des précurseurs du romantisme en France. Après sa mort, ses restes sont transportés à Saint-Malo et déposés face à la mer, selon son vœu, sur le rocher du Grand Bé, un îlot dans la rade de Saint-Malo, auquel on accède à pied lorsque la mer s’est retirée.

Je ne sais trop comment cet article « La photo du jour » s’est transformé en mini article sur Chateaubriand. Toutefois, j’espère que cette photo aura égayé la journée des personnes pour qui ces dernières semaines ont été synonymes de grisailles et pluies…

Toutes mes excuses si j’en ai endormi certains. 😉