Tranche de vie dans le métro…

En ce moment je vis à Paris et cela m’oblige à prendre régulièrement les transports en communs. Les premiers jours j’étais un peu perdue. Et puis j’ai été forcée de prendre la ligne 13 tous les jours pendant 6 mois. Et j’ai changée, je ne me reconnaissais plus. Un peu comme après avoir vécu à Marseille, une partie de mon être a été piétinée et oubliée au nom de ma survie mentale.

Le métro parisien est un monde à lui tout seul. On croise des centaines de gens tous les jours. Des visages fatigués, fermés, souriants, on croise toutes sortes de personnes. Savez-vous le premier conseil que m’ont donné les parisiens concernant le métro : « ne regarde pas les gens, ne les regarde jamais ». S’en sont suivis toute une liste de recommandations pour ne pas me faire agresser…

Nous en sommes donc arrivés à cela : ne pas se regarder, ne surtout pas se parler, prier que personne ne nous agresse… Nous sommes en 2016 et je vis à Paris une ville qui fait rêver des milliers de gens. Et moi je fixe mes chaussures et je prie pour que personne ne me remarque assise sur un siège, n’osant même pas lever les yeux.

Il m’est arrivée d’aider des touristes perdus. Il m’arrive souvent d’aider des personnes âgées. Pour autant, je n’ai jamais vraiment discuté avec des inconnus dans le métro. Quand des gens me saluent je réponds, mais je suis immédiatement méfiante.

Je donne rarement de l’argent aux SDF que ce soit dans le métro ou dans la rue. Tout simplement car je n’ai pas d’argent et que je ne mange pas du riz tous les jours parce que cela m’amuse. 😉 Si je commençais à donner à un il faudrait donner à plusieurs…

Cependant, voir tous ces pauvres gens a aussi détruit un autre bout de ce qui me définissais. Je donne souvent de la nourriture quand j’en ai sur moi : une pomme ou une banane, etc. Malheureusement, si certains sont reconnaissants, j’ai parfois été choquée par leur réaction. Certains m’ont jeté mes pommes à la figure en m’insultant. D’autres, m’ont harcelé pour que je leur donne de l’argent et m’insultaient si je ne donnais rien… Je sais bien que je ne devrais pas me sentir blessée, je n’ai aucune idée de ce qu’ils vivent et de combien ils souffrent. Peut-être que si la situation était inversée je leur jèterais aussi leur pomme à la figure…

A chaque trajet, je me découvre une nouvelle facette. Une héroïne qui tente de défendre une fille qui après s’être fait tripoter par un pervers tente de se défendre. Autant pour moi, à peine ai-je ouvert la bouche que la fille n’a plus rien dit et j’ai fini insulté par tous les mecs de la rame. Je me suis donc rapidement découvert la facette de trouillarde pathétique qui ne pipe mot quand elle voit d’autres filles subirent ce genre de traitement. Personne n’a jamais rien dit lorsque cela m’arrivai et vous n’allez pas me dire que personne n’a jamais rien vu. Sans doute, qu’eux aussi sont effrayés par des expériences passées.

De toute façon, pourquoi tenter de défendre d’autres personnes quand je galère déjà à me défendre… je suis… Non, j’ETAIS beaucoup trop empathique. Mais cela c’était avant. Maintenant, je ne dis rien. J’observe parfois dans les reflets pour ne pas me faire remarquer, pour être sûr que cela n’aille pas trop loin, que la fille fasse comme nous faisons toutes, qu’elle parte en ayant laissé un bout de son être derrière. 

On croise des gens désespérés dans le métro. Ce n’est pas juste un moyen de transport. C’est un lieu d’échange. On échange des politesses, des microbes, des incivilités, des coups et des sourires. Je tire parfois la gueule quand je monte dans le métro et puis j’entends des gens blaguer ou je vois une dame me sourire et je retrouve ma bonne humeur. On râle en coeur quand le métro reste bloqué ou qu’il y a une grève. La RATP devient notre ennemi commun et chacun y va de sa petite histoire…

Pour tous ceux qui vont prendre le métro : courage ! Les filles ne vous laissez pas faire quand on vous embête, je vous donne ma technique : quand je remarque quelque-chose de suspect je donne un coup de coude en arrière en faisant semblant de remettre mon sac, puis je leur écrase les pieds violemment en faisant semblant de perdre l’équilibre. Si ce sont des pervers qui viennent s’asseoir à côté de moi et que mon radar s’allume je n’hésite plus, je me fiche de ce que peut penser la personne : je change de place. Peut être que cette personne n’ai pas du tout un pervers mais dans le doute je quitte ma place. 🙂 Le métro n’ai pas si horrible que cela. Une fois qu’on a l’habitude on le vit mieux. Les gens nous rendent parfois le sourire ! 🙂

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