Le monde de l’édition au Japon

J’ai toujours été fascinée par les cultures asiatiques. Récemment j’ai lu 1Q84 d’Haruki Murakami et cela m’a poussé à enquêter un peu sur le monde de l’édition au Japon et la littérature japonaise. La culture japonaise fait d’ailleurs de plus en plus rêver la France : nous mangeons japonais, nous pratiquons le cosplay et nous lisons des mangas !

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L’édition au Japon : Un monde très fermé
Le marché de l’édition au Japon est dominé par 4 grands groupes. En effet, ceux-ci détiennent près de 3,5 milliards d’euros du chiffre d’affaires du marché. Kodansha, qui appartient au conglomérat Dai-Nippon Yubenkai, reste l’établissement le plus prestigieux et le plus ancien de l’archipel. Kodansha, Shogakukan, Shueisha et Kadokawa Shoten sont les 4 noms de maisons d’édition à retenir lorsqu’il est question du Japon. Toutes sont surtout connues en France grâce aux mangas qu’elles publient, mais elles publient pourtant aussi bien des œuvres littéraires, que des livres de cuisine et des dictionnaires. Elles font souvent partie d’un conglomérat (multitude d’entreprises diverses, généralement liées entre elles par des liens financiers), ce qui leur permet de posséder des parts de marché dans un large panel de secteurs et d’entreprises. Par exemple Kodansha détient de nombreuses parts de chaînes de télévision japonaise.

Aujourd’hui, ce sont ces grands groupes qui dominent le monde de l’édition et façonnent la littérature japonaise de demain.

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Kodansha : Le 1er éditeur japonais
Créée en 1909, Kodansha est surtout connue hors du Japon comme un éditeur de manga mais elle publie également des œuvres littéraires et des livres aussi variés que des livres de cuisines, de photographies, d’arts martiaux, des atlas et même des dictionnaires. Son slogan est : «Être intéressant et salutaire» et son revenu annuel dépasse les 200 milliards de yens (environ 1,5 milliard d’euros). Toutefois, la récente récession japonaise et le déclin de l’industrie de l’édition l’ont impacté. La compagnie est en train de se faire rattraper par le 2nd plus grand éditeur japonais : Shogakukan. Cependant, cela n’empêcha pas Kodansha de fonder en 2008 une filiale aux États-Unis pour y diffuser plus facilement ses mangas. D’autre part, la compagnie possède des parts dans un large panel de chaînes de télévision japonaise.

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Shogakukan : Son concurrent le plus féroce
Fondée en 1922, elle a créé la maison d’édition Shueisha en 1925, qui a elle-même créée la maison d’édition Hakusensha en 1973. Ces entreprises désormais indépendantes forment aujourd’hui, avec une dizaine d’autres maisons d’édition,  l’Hitotsubashi, l’un des plus grands acteurs du marché de l’édition au Japon. C’est un conglomérat formé d’une multitude d’entreprises diverses, généralement liées entre elles par des liens financiers. Elle est plus focalisée sur les mangas que Kodansha, même si elle reste une maison d’édition généraliste. En effet, en France les mangas de Shogakukan sont édités par des éditeurs comme Pika Édition, Kana ou Kazé. Grâce à l’Hitotsubashi, elle est également propriétaire des labels Kazé, KZplay, KZTV2.

La littérature japonaise : Un patrimoine très ancien
La littérature japonaise s’étend sur une période d’environs 20 siècles d’écrits. Les 1ères œuvres sont fortement influencées par la littérature chinoise, mais la politique d’isolement jusqu’au XIXe siècle a permis le développement de formes littéraires uniques. On identifie 3 périodes distinctes : la période ancienne (antérieure au XIIe siècle), la période médiévale (du XIIe au XIXe siècle) et la période moderne (fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours). Lors de la période ancienne, les thèmes sont la vie, l’amour et les passe-temps des nobles à la cour. À l’époque médiévale, les récits sont influencés par le bouddhisme zen. Tandis qu’aujourd’hui, la littérature combine les influences existentialistes des anciens écrits zen et les réalités du monde actuel, exacerbant ainsi le sentiment d’aliénation ressenti par les auteurs.

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La poésie au Japon
La poésie est très ancienne et a eu une place importante au Japon. Les 1ères traces que l’on trouve datent du début du VIIIe siècle. Il existe différents styles de poésie classique japonaise : le haïku, le choka (un poème long), le tanka (poème court), le sedōka (poème à reprise) et le renga (poésie en chaîne). On trouve facilement des compilations rassemblant les meilleurs poèmes de l’époque. Fujiwara Akiko, Takashi Hiraide et Toshiko Hirata sont quelques-uns des poètes les plus célèbres de la littérature japonaise. Les plus célèbres compilations de poésie sont le Man’yōshū, qui inclut également de la poésie chinoise, le Kokin wakashū, le Shin Kokin Wakashū et le Hyakunin isshu.

La littérature japonaise d’aujourd’hui
Il y a un dynamisme, une très grande diversité et une grande richesse dans la littérature japonaise actuelle, avec des écrivains et des tonalités très différentes. Par exemple, Kawakami et ses livres d’une grande poésie, qui parlent de rencontre, tout en délicatesse n’a rien à voir avec l’univers plus violent de Ryu Murakami ou encore celui d’Haruki Murakami qui, lui, nous entraîne dans un monde beaucoup plus poétique et fantastique. En effet, au Japon les écrivains laissent souvent place au fantastique, à la poésie et à l’irréel dans leur fiction. Les caractéristiques générales de la littérature japonaise sont un certain sens du détachement, l’isolement, l’éloignement et bien souvent le héros échoue dans ses efforts.

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Quelques classiques de la littérature japonaise
– Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu : écrit entre 1 005 et 1 014 par une femme, ce livre retrace les mille et une intrigues politico-amoureuses de la cour de Heian.

Notes de chevet de Sei Shônagon : également rédigé par une femme, vers l’an 1 000, elle y décrit la civilisation Heian. Sa prose enchanteresse est souvent comparée dans son pays, à la fleur rose du cerisier.

Le haïku : cette forme poétique est au Japon un véritable exercice spirituel. Concentré en 3 vers : 5, 7 et 5 syllabes qui s’enchaînent pour créer la perfection et traduire l’âme même du Japon.

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